top of page

COACH

ARTISTIQUE

Ensemble, faites la différence...

Lou Deleuze : ce que j'ai ressenti en la découvrant sur scène

15 déc. 2024
8 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 5 jours

Hier, je suis venu spécialement pour elle.


J'avais découvert Lou Deleuze quelque temps auparavant sur Instagram. Je l'avais entendue chanter. Et je m'étais arrêté. Pas seulement parce qu'elle avait une belle voix. Il y avait son grain, bien sûr. Sa façon d'interpréter. Sa sensibilité.


Mais il y avait surtout quelque chose que je n'arrivais pas vraiment à définir derrière mon écran. Quelque chose que je ressentais.


Et j'avais envie de savoir si ce ressenti allait être le même en la découvrant en vrai. Alors lorsque j'ai su qu'elle participait à la grande finale de Plus2Talents, je suis venu la voir chanter.


Lou n'est pas une artiste que personne n'a encore remarquée.


Elle a déjà un parcours de comédienne, elle a reçu en 2023 le Prix Unifrance de l'interprétation féminine pour Les Dents du bonheur, elle développe son univers musical et le public vient également de la découvrir dans La France a un incroyable talent.


D'autres ont donc déjà vu son potentiel.


Mais ce n'est pas pour son CV que je suis venu. Je voulais voir ce qu'une vidéo Instagram ne peut pas vraiment montrer.


Ce qui se passe lorsqu'un artiste est là, devant nous. Sans filtre. Sans montage. Sur une scène. Et hier soir, mon ressenti s'est confirmé.


Jeune chanteuse sur scène, micro en main, éclairée en violet et rose sur fond noir.

Ce que l'on ne voit pas toujours au premier regard

Avec les années, j'ai appris à regarder les artistes autrement. Évidemment, j'entends la voix. Je vois la technique. Je remarque la justesse, le rythme, les placements. Mais assez rapidement, tout cela passe presque au second plan.


Je regarde le corps. La respiration. Les appuis. Le regard. Les silences. La manière d'entrer dans l'espace. La façon dont une émotion traverse un visage. Et parfois simplement ce qui se passe lorsque l'artiste ne fait rien. Parce que le corps raconte énormément. Il y a ce que l'on veut montrer. Et puis il y a ce qui nous échappe. Une respiration. Une fragilité. Une retenue. Un mouvement. Un regard.


Cette énergie difficile à expliquer qui circule entre celui qui est sur scène et ceux qui le regardent. Et au fond, je reviens toujours à la même question : Est-ce que je ressens quelque chose ?

Pas : est-ce que tout est parfait ?

Pas : est-ce que tout est maîtrisé ?

Pas : est-ce que cette personne essaie de m’impressionner ?


Simplement : est-ce que quelque chose me touche ?

Chez Lou, oui.

Très vite.


Elle ne cherchait pas à me convaincre

C'est probablement ce qui m'a le plus marqué hier soir. Je n'avais pas la sensation de regarder quelqu'un qui cherchait absolument à provoquer une émotion. Elle chantait. Elle interprétait. Elle était là. Et quelque chose passait.


Ça peut paraître très simple écrit comme cela. Mais pour moi, c'est énorme.


Parce que je crois profondément qu'il existe une différence entre montrer une émotion et laisser une émotion nous traverser. Entre vouloir toucher et toucher réellement. Entre faire quelque chose de beau et faire quelque chose de vrai. Et c'est exactement là que se situe, pour moi, une grande partie du travail artistique.


Je préfère toujours un geste imparfait mais sincère à un mouvement parfaitement exécuté qui ne raconte rien. Je préfère un silence habité à une démonstration. Je préfère une fragilité assumée à une émotion surjouée. La vérité plutôt que la démonstration.


Hier soir, chez Lou, j'ai ressenti cette vérité.


Je n'ai pas envie que les artistes impressionnent. J'ai envie qu'ils touchent.

En la regardant, je me suis aussi rappelé pourquoi je suis autant attaché à l'authenticité dans mon travail avec les artistes. Je n'ai pas envie que les artistes que j'accompagne cherchent constamment à impressionner. J'ai envie qu'ils touchent.


Qu'ils touchent avec une voix. Avec un regard. Avec un silence. Avec un mouvement. Avec une fragilité. Avec quelque chose qui leur appartient vraiment. Peu importe finalement la forme.


Ce que je recherche, c'est ce moment où quelque chose passe de l'artiste à celui qui le regarde ou l'écoute. Sans avoir besoin de l'expliquer. Sans chercher à forcer quoi que ce soit. Parce qu'on ne peut pas fabriquer cette connexion.


En revanche, on peut parfois enlever tout ce qui l'empêche d'exister. Le besoin de bien faire. La peur du regard des autres. Le contrôle. Les gestes que l'on ajoute pour se rassurer. Les habitudes. La comparaison. L'envie de correspondre à ce que l'on imagine qu'un artiste doit être.


Mon travail n'est pas de fabriquer une personnalité. Encore moins de fabriquer une émotion. C'est plutôt d'aider l'artiste à retrouver suffisamment de liberté, de confiance et de vérité pour que cette émotion puisse circuler.


Et hier soir, en regardant Lou, je me suis dit : c'est ça. C'est exactement ça que je veux voir chez un artiste.


L'intuition

Après 18 ans dans ce métier, j'ai évidemment acquis de l'expérience. Mais j'ai aussi appris à faire confiance à mon intuition. Je ne parle pas d'une intuition magique qui permettrait de prédire qui va réussir et qui ne réussira pas. Je n'y crois pas.


Une carrière artistique dépend de tellement de choses. Du travail. Des rencontres. Des choix. De l'entourage. Des opportunités. Du moment. Et parfois aussi d'une part que personne ne maîtrise vraiment.


Mon intuition vient plutôt de toutes ces années passées à observer des artistes. À les voir chercher. Douter. Se protéger. Progresser. S'éloigner parfois d'eux-mêmes. Puis se retrouver.


Avec le temps, on devient sensible à des choses minuscules. Une présence. Une énergie. Une façon d'habiter son corps. Une écoute. Un silence. Une singularité qui commence à apparaître.


Et parfois, sans pouvoir encore expliquer précisément pourquoi, quelque chose en nous dit : regarde bien cette personne. C'est ce que j'ai ressenti avec Lou.


Sur scène, des jeunes et adultes applaudissent; sacs noirs Plus 2 Talents, Tremplin musical Paris, fond noir.

Je ne sais pas jusqu'où elle ira

Et finalement, je n'ai pas besoin de le savoir. Je ne découvre pas aujourd'hui une artiste que personne n'avait remarquée avant moi. Ce n'est pas l'histoire que j'ai envie de raconter.


Ce que je sais, c'est que parmi tous les artistes que l'on peut voir ou entendre passer, quelque chose chez Lou m'a donné envie de venir spécialement la voir sur scène.


Et hier soir, ce quelque chose était toujours là. Même davantage. Je ressens chez elle une sensibilité.

Une présence. Une identité artistique qui commence à prendre sa place. Et cette capacité beaucoup plus difficile à apprendre : faire ressentir quelque chose sans avoir besoin de le réclamer.


Alors oui. Je serais très surpris que son histoire artistique s'arrête là. Je pense sincèrement que de très belles choses peuvent l'attendre.


Dans la musique. Dans le cinéma. Sur scène.


Peut-être même dans des endroits que personne ne peut encore imaginer aujourd'hui. Je ne sais pas où son chemin la conduira. Je sais simplement ce que j'ai ressenti hier soir.


Et après toutes ces années auprès des artistes, j'ai appris à écouter ce genre de ressenti.


Mise à jour — 7 octobre 2026

Presque deux ans ont passé. Aujourd'hui, je retombe sur les photos que j'ai prises de Lou ce 15 décembre 2024. Et je relis ce texte écrit le lendemain. Forcément, il résonne différemment.


Parce qu'entre-temps, son histoire a pris une autre dimension. En 2025, Lou a été choisie pour représenter la France au Concours Eurovision de la chanson Junior avec Ce monde.


Et le 13 décembre 2025, à Tbilissi, elle a remporté le concours avec 248 points, offrant à la France une quatrième victoire à l'Eurovision Junior.


Il y a quelque chose qui me touche particulièrement dans ces dates.

Le 15 décembre 2024, j'étais venu spécialement la voir chanter lors de la finale Plus2Talents.

Le 13 décembre 2025, presque un an jour pour jour plus tard, elle remportait l'Eurovision Junior.


Évidemment, un an auparavant, je ne pouvais pas savoir cela. Je ne pouvais pas imaginer l'Eurovision. Je ne pouvais pas connaître les rencontres et les projets qui allaient arriver. Je savais seulement ce que j'avais ressenti. Que ce que l'on commençait à voir d'elle n'était probablement que le début.


Pas parce que « j’avais raison »

Je pourrais aujourd'hui relire mes mots de 2024 et me dire : « Je l'avais senti. » Mais ce n'est finalement pas ce qui m'intéresse. Et je ne voudrais surtout pas raconter son histoire de cette manière. Ce que Lou accomplit lui appartient.


À elle. À son talent. À son travail. À son entourage. Aux personnes qui l'accompagnent. Aux rencontres qu'elle fait. Aux choix qui construisent son parcours. Je ne l'ai pas « découverte avant tout le monde ». Elle était déjà remarquée lorsque je suis venu la voir.


Ce qui m'intéresse est beaucoup plus simple et beaucoup plus personnel. Elle m'avait touché. Assez pour que j'aie envie de venir la voir en vrai. Assez pour que je ressente, devant cette jeune artiste sur scène, qu'il y avait là quelque chose de particulier. Et presque deux ans après, c'est cela que j'ai envie de retenir. Pas d'avoir eu raison. Mais d'avoir ressenti.


Ce qu'un artiste nous fait ressentir

Parce que finalement, pourquoi certains artistes restent-ils dans notre tête alors que nous en voyons tellement ?


Ce n'est pas toujours parce qu'ils chantent mieux. Ce n'est pas forcément parce qu'ils maîtrisent davantage. Ce n'est même pas toujours parce qu'ils sont les plus spectaculaires.


Parfois, c'est simplement parce qu'à un moment donné, ils nous font ressentir quelque chose. Ils viennent toucher un endroit que la technique seule ne peut pas atteindre. Et c'est précisément là que je veux amener les artistes que j'accompagne.


Pas à reproduire Lou. Pas à reproduire qui que ce soit. Au contraire. À aller chercher ce qui, chez eux, ne ressemble à personne d'autre. Leur sensibilité. Leur histoire. Leur énergie. Leur manière à eux de ressentir et de transmettre. Parce que c'est probablement là que se trouve leur plus grande force.


Être suffisamment libre pour être vrai

Je le vois encore plus clairement aujourd'hui. Accompagner un artiste, ce n'est pas lui apprendre à provoquer une émotion. Une émotion fabriquée finit presque toujours par se voir.


C'est l'aider à être suffisamment libre pour que quelque chose de vrai puisse apparaître. Parfois, cela demande d'ajouter des choses. Mais très souvent, cela demande surtout d'en retirer.


Le contrôle. Les protections. Le besoin de plaire. La peur de ne pas être assez. L'envie de ressembler à quelqu'un. Tout ce bruit qui finit parfois par cacher ce qui était là depuis le départ. Jusqu'à ce qu'un jour, sur scène, quelque chose change.


L'artiste ne cherche plus à prouver. Il ne cherche plus à montrer. Il vit. Et celui qui regarde le ressent.


C'est ce moment-là que j'aime. Celui où l'on ne voit plus quelqu'un qui essaie d'être un artiste. On voit l'artiste.


Selfie d’un homme souriant à lunettes rondes, veste orange et chemise à motifs, coach artistique, dans une salle de concert animée avec des gens.

Et Lou Deleuze continue d'écrire son histoire

Depuis sa victoire à l'Eurovision Junior, Lou poursuit son chemin.


En septembre 2026, elle a dévoilé Le Cri, continuant à construire son univers musical. Et à partir de novembre, une nouvelle étape l'attend avec Lilly, le musical, au Théâtre de la Tour Eiffel, où elle partagera le rôle de Lilly.


Musique. Cinéma. Télévision. Scène. Son histoire est encore très jeune. Et heureusement.


Parce que cela signifie qu'il reste énormément de choses à écrire. Lorsque je regarde aujourd'hui les photos prises ce soir-là, je retrouve ce qui m'avait donné envie de venir spécialement la voir.


Je ne savais pas ce qui allait arriver. Je ne savais pas jusqu'où elle irait. Et je ne le sais toujours pas. Je savais simplement ce que je ressentais.


Une présence. Une émotion. Quelque chose de vrai.


Et c'est peut-être finalement ce que cette rencontre avec Lou me rappelle le plus. On peut apprendre énormément de choses à un artiste.


Si vous êtes artiste et que vous ressentez le besoin d'aller vers quelque chose de plus vrai, plus personnel et plus juste dans votre manière de vous exprimer, vous pouvez découvrir mon accompagnement artistique.

Commentaires


bottom of page